samedi 13 décembre 2008

Parc national Los Glaciares

On fait 200 kms avec eux. Ils nous laissent au milieu de nulle part. On espère ne pas se faire un "remake" de Bajo Caracoles. 1/2 heure plus tard, José s'arrête. Faisons à toute allure les 250 kms manquants jusqu'à Rio Gallegos. Là-aussi, pas un chat, juste la steppe et les guanacos.
Prochaine étape, Ushuaïa ....


Dernière nuit à El Chaltén. Le lendemain matin, on se lève de bonne heure pour faire du stop. Destination du jour : Rio Gallegos, à 450 kms de là. Après 4 heures d'attente, on décolle enfin avec des allemands qui vont à Puerto Natales. En chemin, le lago Argentino.


On a enfin la chance de photographier le wood-pecker patagon en plein boulot. Ca déménage ! Il ne met pas longtemps à faire sauter toute l'écorce. Une fois repu, dodo sur une branche.


Après la petite balade matinale, redescendons vers El Chaltén. Encore 3-4 heures de marche en perspective. Paysages différents. D'autres fleurs.





La laguna Torre donne naissance à rio puissant, le rio Fitz Roy. On a la chance d'observer une espèce endémique de canard qui nage incroyablement bien dans cet énorme bouillon. Impressionnante la petite bête !

Au petit matin, allons balader autour de la laguna Torre. Pas transcendental après la laguna de los Tres mais joli tout de même.

Certains cailloux, très colorés sont comme "cirés" par les années. Julie en veut un comme presse-papier sur son bureau. Pas possible, trop lourd.


A la mi-journée, plions le camp. Ce soir, on dort au campement Agostini, à 4 heures de marche d'ici. Le camp est situé en contrebas du cerro Torre, dans une vallée caillouteuse.


Non loin de notre tente vit un couple de charancos, des aigles charognards/chasseurs. Malheureusement, le tourisme de masse en a fait des pilleurs de poubelles.



Bien différente de celles de chez nous, cette fleur nous semble être "carnivore" ou peut-être tout simplement, un piège. Beaucoup de moucherons restent "englués" à l'intérieur.


Le lendemain, allons jusqu'au glacier Piedras Blancas, à une heure du campement. D'énormes éboulis rocheux en gardent l'entrée. Certaines pierres font bien 10 mètres de haut. Du coup, parcours complet : rando + escalade.


Redescendons avec précaution dans la vallée, nos pieds ont presque le vertige.


Dans la redescente, découvrons plusieurs petites mares aux couleurs inédites.



En contre-bas de la laguna de los tres, la laguna Sucia (sale). Sale? elle est pourtant bleue turquoise.




Laguna de los tres

Rio Blanco
Une fois au campement Poincenot, on monte la tente et on prend des forces. Il nous faut grimper une jolie petite coline jusqu'à la laguna de los tres (pente à 20%). Comme toujours, nos efforts sont récompensés !




Le deuxième jour, on poursuit la route vers le camp Poincenot, juste en dessous du Fitz Roy. En chemin, pas mal de petites mares sympas et de jolis rios.


Paquerettum primaverum patagonicum ?!


Le soir, on se jette un petite vodka Nikita avec notre voisin, Richard. Il vient des Etats-Unis et fait des décors pour le cinéma. Chic type, fou de nature et de randos comme nous. Il suspend ses vivres à 3 m de haut. Etrange. Vieux réflexe. Il est habitué à faire du camping dans les Rocheuses et là-bas, il y a des ours ...


Au campement, notre nouveau voisin : le moineau patagonicum.



Notros patagonicum, pour une fois qu'on connait le nom, on en profite !


Une fois en haut, vue sympa sur le Fitz Roy et la forêt de lengas. C'est vraiment très beau ici mais les sentiers sont très fréquentés. Un peu trop à notre goût. Ca nous change des deux derniers mois où on était toujours tous seuls.


Le premier soir, on compte dormir à la laguna Capri, à seulement 3 heures de marche. Vue sur une autre vallée, ...


Le lendemain de notre petite mise en jambe, partons pour 4 jours de camping autour du Fitz Roy et du Cerro Torre.


Traversons plusieurs prairies de pissenlits; il y a de quoi faire de la salade pour un régiment ! Dommage qu'ils soient déjà en fleur, on se seraient bien laissés tenter.

La petite lagune, engrossée par la fonte des neiges, vient déborder dans la vallée.


En haut, il fait un vent à décorner les boeufs ! ... et un froid de canard. On s'abrite derrière une grosse pierre pour ne pas geler sur place. Après le pique-nique et 2-3 photos, on redescend au chaud dans la vallée.




En chemin, beaucoup de fleurs et donc, beaucoup de papillons.


On va jusqu'au mirador "Loma del Pliegue". 1000 mètres de dénivelé au programme; du coup, on a rapidement une vue panoramique des alentours.


Après une journée de repos, allons faire nos premiers pas dans le Parc National des Glaciers. On commence par une petite rando à la journée, 5 heures de marche aller-retour.


Arrivons à El Chaltén à 5 heures du matin. Il fait encore nuit. On pique la tente au camping des "sportifs", un camping libre à l'entrée du village. Vue imprenable sur le Fitz Roy et ses pics éclairés par la lune.

De Rio Mayo à El Chaltén : mission stop dans la steppe


Après 10 heures à scruter la piste et à attendre un sauveur qui n'arrivera pas, il nous faut nous résoudre à monter dans un bus qui passe par là, une fois par semaine. Dans 400 kms de piste (sans même un hameau), on arrive enfin à El Chaltén, petit village au pied du Fitz Roy.


Seule consolation après 8 heures de stop infructueuses (Pas une voiture), un beau coucher de soleil. On verra demain si on a plus de chance. On relativise, on est que de passage, d'autres vivent ici ...


On reste malheureusement bloqués à Bajo Caracoles, à 130 kms de piste au sud de Perito Moreno. Un petit combi de la même compagnie vient remplir, de touristes supplémentaires, notre bus. Désolés, les chauffeurs doivent nous laisser là, au milieu de nulle part. Bajo Caracoles, pourtant sur les cartes, ne compte que 30 habitants. Ambiance délirante ! Tranquilité garantie !



Arrivons à faire du stop avec l'unique véhicule qui passe par là, un car de touristes. Et incroyable mais vrai, on voyage gratuitement. Ca fait bizarre de voir des touristes, ca fait deux mois qu'on en a pas vu un. Escale à Perito Moreno où on se fait invités par les chauffeurs dans leur logement de fonction. Hallucinant ... Grâce à Eduardo (un des chauffeurs) qui prévient un collègue, on arrive à faire du stop avec le bus ralliant Perito Moreno à El Chaltén.



Le lendemain, poursuivons le stop sur la route 40, où il ne passe pas un chat !!! Cette portion de la ruta 40 est complétement désertée et désertique : un village tous les 200 ou 400 kms. Enfin, si on peut appeler ca un village ! Entre deux "villages", la steppe, le vent, la poussière et quelques guanacos (cousins de la vigogne) et des ñandus (autruches).


On est chanceux. Moins de 15 minutes après le départ de Grétel, une voiture s'arrête et nous emmène jusqu'à Rio Mayo. Un bled affreux au milieu du désert. Au volant, Hermiño, l'avocat du village. Très sympas, lui et sa femme nous offrent un toit pour la nuit, l'apéro et même le gâteau en dessert. Ils veulent tout savoir de nos aventures et ... c'est qu'ils auraient presque du mal à nous laisser partir.

Lago Vintter

Après 5 jours au lac Vintter, partons avec Nikita à Rio Pico où il va se ravitailler en vivres ... Les paysages sont sympas mais on est contents de pas faire à pied les 35 kms de piste.
Faisons nos adieux à Nikita. Hasta luego amigo ! 2 heures plus tard, montons avec Grétel et Isabel qui vont à Sarmiento à 400 kms de là. Descendons à 70 kms de Sarmiento au desvio qui mène à Rio Mayo. Elles nous souhaitent bonne chance pour le stop. Pas étonnant, en 400 kms à travers la steppe, on a croisé 4 voitures. On verra bien ...


Et le soir, quand on est pas à l'apéro avec Nikita et Grétel, on discute avec les papillons de nuit. Tous plus beaux les uns que les autres.



Euh, ... un coucher de soleil


Euh, ... une crique



Euh, ... un hanneton qui s'envole



A part ca, pas grand chose. On profite de ces moments de repos et de cet endroit magique pour faire de belles balades dans les forêts de lengas et des pauses farniente dans les petites criques du lac.



Du coup, on peut apprécier la beauté des fonds et la transparence de l'eau.



Les jours qui suivent, il fait incroyablement beau et chaud. Pas un souffle de vent. Le lac est d'huile. Depuis deux ans, Nikita ne reconnait plus son lac. Ici aussi, les déréglements climatiques se font sentir.



Après quelques minutes de bagarre, Paulo met au sec la nouvelle "truite de sa vie". Elle pèse un peu moins de 3 kgs et fera un très bon repas pour le soir. Pour l'apéro, Nikita fait des sashimis avec la queue et Grétel cuit le reste dans son vieux four à bois. Un véritable festin !


Un tronc d'arbre tombé dans l'eau lui permet de gagner une quinzaine de mètres pour pêcher le tombant.


Le lac Vintter regorge, parait-il, de très grosses truites. Forcément, Paulo a le moulinet qui le démange. Du bord, il est difficile de piquer les gros spécimens. Paulo doit donc jouer le héron et s'approcher comme il peut, des eaux plus profondes.



Le lendemain, c'est le 29. Et, comme tous les 29 de chaque mois, les argentins mangent des ñoquis. Nous sommes gracieusement invités à partager ce repas. Toute l'après-midi, Grétel et Isabel (une amie du Paraguay en vacances chez eux) se sont attelées à la fabrication des "petits boudins". Bien entendu, le repas commence par quelques tournées de vodka accompagnées de petits beignets de champignons. Ce soir, il y a aussi Tapé, leur voisin le plus proche. Il n'habite qu'à une heure de piste d'ici. Passons une excellente soirée. Sommeil de plomb.



Dés le premier soir, Nikita vient nous offrir l'apéritif comme il le fait avec tous les gens qui le visitent. Au programme, beignets de vesse de loup et vodka maison. Nikita, comme son père et son grand-père avant lui, fabrique une excellente vodka. Aujourd'hui, c'est vodka citron. Mais il fabrique également de la vodka au poivre et la véritable Zubrowska. Après 2-3 culs secs, il repart avec sa boite à oeufs sous le bras. C'est là-dedans qu'il range les "dés à coudre" qui servent à boire la potion magique.



Faisons connaissance avec notre nouveau voisinage. Une sorte de troglodyte mignon Patagon. Plutot discret mais très bon chanteur ! Il vaut bien Sandrey mais dans un autre registre.



Nos amis de Corcovado nous ont parlé de Nikita, un russe qui vit depuis 25 ans au lac Vintter. C'est l'unique habitant du secteur. On ne tarde pas à le rencontrer, au volant de sa vieille chevrolet jaune. On pique la tente sur ses terres.

Lago Guacho

On va leur octroyer quelques jours de repos, on voudrait pas qu'ils nous fassent faux bond et qu'ils nous abandonnent ici; la route est encore longue jusqu'à Ushuaïa.


Après une bonne quinzaine de kms, nos pieds commencent à sérieusement se plaindre du travail qu'on leur demande. Un 4x4 les entend gémir et s'arrête. Ca tombe à pic ! Encore la DDE locale. A part eux, les voitures se font vraiment rares par ici. Il nous dépose au desvio qui mène au lac. Encore un peu de courage les pieds, plus que 5 kms !




Lorsque le soleil vient transpercer le toit, c'est le signal ! On plie tout et c'est repartit. Objectif du jour : le lago Vintter, à 35 kms de piste plus au sud. A moins de 2 kms de notre "maison", il fait un soleil magnifique. Incroyable ce micro-climat pourri ! Sans doute normal en Patagonie.


De notre fenêtre double vitrage en plastique de récuperation, on scrute le ciel en espérant que ca s'améliore un peu. C'est sympa cette petite maison mais on aimerait bien en partir un jour.


On installe notre table de fortune au coin du feu le lendemain matin; car aujourd'hui, ce n'est plus de la pluie qui tombe mais de la neige et forcément, il ne fait pas chaud !


Le lendemain matin, le bruit des premières gouttes de pluie vient nous sortir du lit. Rapidement, c'est un vrai déluge qui commence. Paulo remet en état le premier étage, histoire de faire un "second" toit. Ca a l'air de marcher, pas une goutte au sol. Impossible de mettre le nez dehors, c'est une vraie tempete ! Pour s'occuper, Paulo se lance à faire du pain dans la petite cheminée de notre refuge. Le pain est cuit à même la pierre. Ca fonctionne à merveille ! On aura du pain frais pour le petit déjeuner de demain.



Une fois descendus du 4x4, plus que 5 kms à pied pour rejoindre le lago Guacho. Le chauffeur nous indique l'existence d'une maison abandonnée sur le bord du lac. Le vent, puissant, et le ciel bien nuageux nous donne l'envie de s'y installer plutôt que de piquer la tente. Le toit, comme le reste de la bâtisse, n'est plus tout jeune mais ca fera bien l'affaire.

Deux jours après cette "embuscade" mémorable, on fait nos adieux à toute l'équipe. On part à pied sur la piste qui mène à Rio Pico (100 kms de là), en espérant pouvoir faire un peu de stop.
C'est que marcher sur la piste, ca fait mal au dos, aux pieds, ... Après 20 kms sous le soleil, un 4x4 s'arrête. Les mecs bossent pour la DDE locale (pas plus surmenés que chez nous !), ils vont nous déposer 20 kms plus loin, à l'embranchement du lago Guacho. En chemin, les paysages changent. On entre en Patagonie sud. Les arbres se font rares, les coihués ont laissés place à la lenga; et les vertes prairies à une steppe qui s'étend à perte de vue.
Ici, les éleveurs de bétail ont des estancias de 20 à 40 000 hectares et forcément, des milliers de têtes de bétail. Bien à l'image de ce pays gigantesque !

Corcovado

Il nous faudra une bonne journée et un bon repas chez Quiño pour récupérer. On est des sportifs maintenant ! plus trop l'habitude de lever le coude.

Le sourire et le tee-shirt de Carlos résument à merveille notre quotidien ! Quel bonheur d'être "vagabonds", surtout que de villes en villes, l'accueil est toujours plus chaleureux.



C'est ensuite une embuscade improvisée qui prend forme peu à peu. Un à un, les pilliers de la fine équipe de Corcovado arrivent ! Sandrey, le chevelu, est chanteur. Du coup, on a le droit à quelques unes des plus belles chansons de son répertoire. Ca danse, ca chante, la fête quoi ! Et ca dure jusqu'au bout de la nuit, ou plutot jusqu'au petit matin. Don Tito, l'ancien gendarme, nous ramène à la maison vers 5h30 du mat'.



Le soir même, allons manger un morceau chez Quiño, qui était lui aussi à la supérette. En discutant, on apprend qu'on dort chez le maire de la commune. Pas vantard pour un sou ce Raúl. Après nous avoir donner les clés, il s'est eclipsé.
Un jeune du coin vient vendre à Quiño, un saumon fraichement pêché dans le rio Corcovado. Paulo se rend compte par la même occasion qu'il ne pourra pas en pêcher vu le petit matériel qu'il a avec lui. Une autre fois peut-être.
Mangeons comme des rois. Quiño est très bon cuisinier. Goutons l'agneau du pays avec des frites maison, vin rouge, ... excellent !


Arrivons donc à Corcovado en fin de journée. Sergio nous laisse devant l'unique supérette du village. Paulo, qui a toujours la langue bien pendue, commence à plaisanter avec des types qui se retrouvent là, comme tous les jours, pour discuter autour d'un bon maté.
L'un d'eux propose de nous emmener au camping. Très rapidement, il nous explique que le camping c'est pas très confortable et qu'au lieu de ca, il préfère nous offrir l'hospitalité dans un de ses gîtes. Que d'honneur ! Merci Raúl.


Après 2 bonnes nuits dans un vrai lit, on reprend la route vers le sud. Voulons aller en stop à Corcovado, petit village à plus de 100 kms de piste d'Esquel. Il parait qu'il s'y pêche des saumons qui remontent du Pacifique.
Rapidement, Sergio, le vendeur de glaces, nous prend dans son camion. Nos provisions sont au frais à l'arrière dans la chambre froide : -15 degrés. Sergio vend des glaces au milieu de nulle part. Il nous faudra 6 heures pour faire la tournée de ses clients du bout du monde. C'est pour nous, une bonne occasion de connaitre les coins et les recoins du secteur.