mercredi 13 août 2008

chinchero


Aujourd'hui, c'est dimanche, jour de marché. Les gamines sont descendues donner un coup de main à leurs parents mais bon, au bout d'un moment, elles préfèrent aller prendre un bain de soleil sur la place avec leur Alpaca.




Vue panoramique du coin et des patates; on aime le fromage qui pue mais là, on va pas trop traîner, ça mouque comme on dit en Bretagne.



On s'arrête discuter avec ce mouton. Pas bavard pour un sou mais parfaitement disposé à écouter nos histoires et pourquoi pas, à se faire tirer le portrait !




Ici l'ancien côtoie le nouveau. Les paysans d'aujourd'hui travaillent les mêmes parcelles que leurs ancêtres. Les terrasses incas tiennent bon, toujours cette volonté de longévité ou tout simplement l'amour du travail bien fait.



Ce jeune Chancho est visiblement sujet à quelques démangeaisons de l'arrière train !



On va se balader en contre bas des terrasses. Dans la plaine, plusieurs bergers font paître leurs troupeaux. Il y a aussi veaux, vaches et cochons.




Après le boulot, les deux copines s'en retournent; elles ont sans doute d'autres pommes de terre à faire moisir ou sécher par là.



Sa copine, en habit typique de la région de Chinchero fait le même boulot. Elle contrôle le degré de séchage et de maturation de divers tas disposés ici et là.



En contre bas de la place de l'eglise, sur des terrasses Incas, des paysannes font sécher des pommes de terre préalablement moisies. A première vue c'est pas très appétissant, ça sent aussi fort qu'un bon Munster; mais ici, ils en font des soupes délicieuses (on a testé) ou les consomment crues, tout simplement.

Le lendemain décidons d'aller balader autour de l'antique village de Chinchero. Une heure de collectivo et on y est. C'est dingue, à chaque fois, les paysages sont différents; les trajets sont loin d'être une corvée, bien au contraire.

pisac


Cette photo n'a rien à faire là, elle devrait être à côté de l'autre photo de temple, mauvaise manipulation et bien trop de travail pour la remettre au bon endroit. bref.




Tout le bas de la colline jusqu'à la plaine est en terrasse; c'est pas les premières qu'on voit mais la maîtrise et le travail accompli nous laissent tout de même songeurs. Encore un peu de marche et on arrive à Pisac, on saute dans le collectivo et on rentre à la maison.



En chemin, apercevons ce petit faucon Andin, aux aguets. Les terrasses sont sans doute pour lui un magnifique terrain de chasse.


En contre bas des temples, des habitations pré-incas mi-pierre mi-terre résistent au temps qui passe. Ce mur a, au bas mot, mille ans. Il est l'heure de redescendre, le soleil commence à se frotter les yeux.

On arrive ensuite aux temples, tout en haut du site. Trois temples. Le temple du soleil, de la lune et des étoiles. Là aussi, ils ont utilisé des pierres rouges, symbole de vie. Les niches, pour les offrandes et les excroissances en pierre pour suspendre les idoles en or.


Si cette vieille souche pouvait parler, on apprendrait sans doute de fabuleux secrets mais aussi de bien tristes histoires. On se contentera d'apprécier l'air pur et le bruit du vent.




Le paysage est ici, magnifiquement faconné par l'homme depuis des millénaires; sans aucun doute au prix d'efforts incroyables. La coca, y est néanmoins pour quelque chose, leur donnant force et concentration tout au long de la journée.




Là aussi, le travail est titanesque, impressionant. Car forcément, comme à Tipon, la matière première fut acheminée à dos d'hommes d'une carrière située à plusieurs kilomètres en contre bas. Le flutiste n'est plus très loin, on va enfin pouvoir profiter de la vue imprenable sur la vallée; sacrée pour les incas. On comprend pourquoi, c'est vraiment trés beau.



Deux jours plus tard, partons à Pisac, à quelques deux heures de bus de la grande ville. Les constructions sont là aussi haut perchées, encore une petite marche qui décrasse en perspective.

Un flutiste, logé dans la tourelle, nous donne du courage pour gravir la pente abrupte.

tipon



En fin de journée redescendons doucement dans la vallée par l'antique chemin inca permettant l'accés au site. Croisons cette petite fille en traversant le petit village, intriguée, elle prend la pose, le visage baigné par le soleil couchant.






Tout en haut du complexe en terrasse, une source, magnifiquement canalisée. Le flux est ensuite réparti en trois puis en deux. En trois, pour symboliser les trois monde mais aussi les trois espace temps : Le ciel, la terre, l'infra-monde; le passé, le présent, le futur.

Séparé ensuite en deux pour que pendant les cérémonies hommes et femmes aient une fontaine attitrée. La dualité homme/femme étant pour eux d'une grande importance.


Les niches dans les murs servaient à disposer les offrandes qu'ils faisaient aux dieux, pour demander de bonnes récoltes.... Les pierres rouges, symbolisaient pour eux la vie; c'est ce pourquoi ils parcouraient parfois de longues distances pour en effectuer l'extraction.



Comme vous le voyez, ils avaient le compas dans l'oeil mais aussi le niveau à bulle, le fil à plomb et peut être même le niveau laser. C'est incroyable de rectitude et de maîtrise architecturale.



Le site, qui, à première vue semblait dédié à l'agriculture se révèle en fait être un temple et un lieu de cérémonies. Les terrasses sont un assemblage de pierres taillées qui s'emboîtent au millimètre près. Bien entendu, elles ne proviennent pas d'ici mais d'une carrière distante de plusieurs kilomètres; les incas mettant toujours l'accent sur la longévité de leurs constructions.




Une fois sur place, sommes impressionés par le travail titanesque que représente la mise en place de ces terrasses mais surtout du complexe et parfait circuit d'irrigation qui traverse chaque niveau. Les pentes sont parfaites, de petits virages et zig zag permettent de ralentir juste ce qu'il faut pour éviter débordements et usure prematurée des ouvrages, on est sur le cul ! Les escaliers permettant de passer d'un niveau à l'autre sont là aussi intégrés aux parois des murs.



Après quelques jours en ville, la nature nous rappelle à elle, comme toujours. Partons pour Tipon, un site inca à une heure de Cusco. Le collectivo nous laisse sur le bord de la route. Décidons de rejoindre le site haut perché à pied, 5 km de marche nous en sépare. Traversons pour s'y rendre un antique village plein de charme, connu dans toute la region pour ces cuys délicieux. Nous n'avons pas l'occasion de vérifier la renommée des cuyerias. Au cas où vous auriez oublié, le cuy, c'est notre cochon d'inde, le plat national, poulet des incas.

Cusco



Au detour d'une ruelle tombons sur cette indienne pleine de joie qui semble danser; en fait, elle replace tout simplement le nouveau né qu'elle porte sur son dos. Comme quoi, on peut faire dire n'importe quoi à une photo.


Dans de petites ruelles, croisons de jeunes campagnardes, descendues vendre pour leurs parents les produits des Chacras (champs), comme toujours maïs, pois,... Certaines sont juste là pour se faire prendre en photo par les touristes moneyant ainsi une petite propina.





Cusco, bien qu'un peu trop touristique à notre gout, n'en reste pas moins une ville charmante; mélange inca et hispano-colonial. Prenons beaucoup de plaisir à flaner dans les rues, à en découvrir les petits recoins cachés, ces restos populaires et bien sur à visiter les musées archéologiques, trés nombreux ici.



A une nuit de bus du cañon de Colca, arrivons à Cusco. Y retrouvons par hasard et avec grand plaisir un couple d'amis rencontré dans le Cañon. Passons plusieurs soirees sympathiques en leur compagnie.

lundi 4 août 2008

Cañon del Colca

Apres etre descendus, il nous faudra remonter le canyon. 1000 mètres de dénivelé nous attendent, partons à la fraiche. Au bout de 3 heures, arrivons sur le plateau avec une certaine satisfaction. 1/2 heure de battement et on reprend la route direction Arequipa puis Cusco.





Un alpaca vient brouter autour de la tente, fier comme s'il avait un bar tabac, il ne nous dit meme pas bonjour.


les jours suivants, descendons un peu plus loin dans la vallée. piquons la tente dans une oasis.


Rencontrons cette bergère en redescendant vers San Juan. Les anciens sont impressionnants, meme à 70 ans, les sentiers difficiles ne semblent pas avoir de prise sur eux.

La redescente est bien plus dure que la montée, impossible de refuser les verres qui nous sont tendus. Quand nous arrivons à Tapay, le repas est pret mais les femmes sont fatiguées. Soledad, songeuse, regarde vers le lointain.


Partageons avec eux les boissons de fete, chicha, pisco, champa, .... Sommes les seuls etrangers à profiter de ces moments magiques. Condors et aigles tournent au dessus de nos tetes, tentant eux aussi de se meler à la fete.

Sommes invités à faire la fete avec les villageois. Il nous en coute une heure d'ascension supplémentaire au pied de l'apu, leur montagne sacrée. Ils y font des offrandes à la terre mère (pachamama) pour demander de bonnes récoltes ...
Autour de cette piste de danse à plus de 3000 mètres d'altitude, les hommes du village travaillent tous ensemble pour curer d'antiques bassins de rétention d'eau. Danseurs et musiciens leur donnent du courage.

Traditionnellement les tresses des femmes sont liées entre elles par de la laine d'alpaca.


les femmes epluchent de la racacha, tubercule proche de la yucca. délicieux.



Une fois à Tapay, retrouvons Soledad et d'autres femmes du village affairées à la préparation du repas communautaire. Le village est en fete depuis une semaine, aujourd'hui, c'est le dernier jour. Degustons quelques verres de chichas et mangeons notre premier cuy (cochon d'inde) grillé, le lapin local.


le lendemain de notre arrivée à San Juan, partons pour Tapay, village à deux heures de marche au pied de pics enneigés. Sur le chemin, beaucoup de maisons plus que rustiques. En photo, garage et voitures locales.


Ca fait 3 fois qu'on essaye de mettre cette photo de chapeau à l'endroit, pas moyen, alors tournez la tete! C'est le chapeau de la fille de Soledad et Victor, adorables villageois de San Juan de Chuccho chez qui on plante la tente pendant 3 jours.


Prenons le parti de suivre les chemins de muletiers, moins dangereux que les raccourcis qu'empruntent les villageois; ici, pas le droit à l'erreur.




Un petit apercu du relief dans le canyon, des sentiers à franc de colline ...




Après avoir vu le canyon d'en haut, l'envie nous prend d'aller voir au fond. 5 bonnes heures de marche nous attendent. Au menu, sentiers en laçets, passages vertigineux (c'est le cap Fréhel puissance 10!),et comme toujours, on en prend plein les yeux ... que dire de plus.




Départ à 4h30 du mat'de Chivay, on veut arriver de bonne heure pour voir les condors monter du canyon avec les premiers rayons du soleil et surtout les premiers courants d'air chaud. C'est réussi, certains passent à moins de 5 mètres de nos tetes. Impressionant!





En passant de l'autre coté de la rivière, tombons par hasard sur d'antiques habitations incas, construites à franc de falaise; une sorte de petite forteresse imprenable. Balade sympa, partons le lendemain pour le canyon de Colca.





Les fameuses terrasses, on croirait presque des rizières. La rivière est à 40 degrès, elle est principalement alimentée par des sources d'eau chaude.




A midi, on s'arrete dans un boui-boui pour manger. Soupe de légumes et d'alpaca, une première. Julie emprunte le chapeau d'une villageoise le temps d'une photo. Elle est pas mignonne?!





Nouvelle région, nouvelles coutumes et aussi nouveaux costumes traditionnels. Les femmes portent le plus souvent des chapeaux, gilets, ..., aux couleurs vives, brodés à la main. Les motifs très fins représentent montagnes, oiseaux, fleurs, ...




En marchant, sommes étonnés de voir des colibris (à plus de 3500 mètres) qui butinent les fleurs de cactus. Toutes les cultures sont en terrasse, les collines sont façonnées par la main de l'homme depuis l'époque inca. L'irrigation est incroyablement bien gérée.




Restons deux jours à Chivay. Courses, eaux thermales et balades aux alentours histoire de se mettre en jambes et d'arriver en pleine forme à Colca. Les paysages sont beaucoup plus secs que dans le nord mais toujours aussi grandioses.





De Huaraz, arrivons à Arequipa, la deuxième plus grande ville du pays, dans le sud péruvien. On s`y rachète un appareil photo et tout et tout ...

Y passons quelques jours, musées, balades mais la nature nous appelle une fois encore. Partons pour Chivay, petite bourgade à deux heures du Canyon.

Huaraz - cordillière blanche

Après l'escale à Huanchaco, où on s'est gavés de poisson, on reprend la route pour Huaraz.
Faisons un trek de 4 jours dans la cordillière blanche, une balade magnifique. Plaines à 4000 mètres, rivières, lacs turquoises, glaciers et sommets enneigés, ... Passons un col à 4800 mètres. Il fait un peu frais dans la tente, givre intérieur et extérieur; mais les paysages grandioses nous font oublier le froid.
On redescend vers la vallée et vers Huaraz. Le lendemain, repartons pour un site archéologique où l'on peut camper. Le bus a 2 heures de retard. Un magicien vient nous subtiliser notre sac à dos pourtant à 20 cm de nos pieds, on avait peut etre encore un peu la tete dans les nuages.
Bref, plus d'appareil donc pas de photos ...